Anecdotes au sujet du blog JNSM

In: JeNiqueSurMeetic, le blog

10 déc 2006

Cette brutale notoriété n’a pas toujours été facile à gérer, même si j’ai tout fait pour garder du recul. Quelques anecdotes à propos de cette folle période où le blog a pris une ampleur énorme (mars/juin 2005)

Je me suis fait draguer.
Le plus souvent par mail, avec parfois envoi d’une photo (plus ou moins habillée) et demande de la réciproque (toujours refusée), et ce de façon plus ou moins cash. Des jeunes (22/25 ans), des trentenaires, des nanas de mon âge… Certaines me proposaient d’aller voir leur annonce sur le site de rencontres où elles étaient abonnées. D’autres que je les appelle et qu’on se rencontre directement, car nous avions selon elles, des affinités évidentes. J’ai eu aussi des invitations charmantes à visiter les quatre coins de la France et parfois de l’Europe.

Mais la perception que j’en avais était radicalement différente qu’à l’époque où j’étais inscrit sur un site de rencontres, un mec parmi d’autres. Sur mon blog, je m’étais mis à nu, j’avais l’impression d’être totalement à découvert, les nanas en savaient beaucoup plus (trop ?) sur moi que l’inverse. Le jeu était inégal, et ça me donnait un sentiment de vulnérabilité extrême qui me rendait très méfiant. Comme, de toute façon, je n’étais plus dans un état d’esprit de chasseur, je n’ai jamais donné suite.

Petite paranoïa…
Lorsque certaines nanas me draguaient trop ouvertement, je ne pouvais m’empêcher de penser que sous leur apparente entreprise de séduction, s’en cachait peut-être une autre, bien moins cool : faire une sorte de « contre-enquête », en se tapant Nick, pour démontrer, le cas échéant, qu’il n’était pas un si bon coup qu’il le prétendait (selon elles) sur son blog.
Parano ? Peut-être, mais je pense pourtant que c’était une hypothèse plausible. Surtout quand, dans le propre Forum de mon blog, certaines nanas ont carrément lancé un sujet sur le thème « Et si Nick vous proposait d’aller sous sa couette, vous accepteriez ? » Les réponses étaient bien sûr contrastées, mais même celles qui disaient clairement être OK sur l’idée me paraissaient suspectes, et je n’ai jamais eu envie de chercher à en tirer profit en les contactant (toute notion de « rangé des voitures » mise à part). Je leur ai même demandé de ne plus lancer ce genre de sujets, et de m’oublier un peu…
De façon générale, et même si c’est paradoxal, je n’aimais pas trop que les gens m’interpellent sur des sujets déjà abordés par le blog ou qu’ils parlent de moi dans le Forum de mon site. J’estimais avoir dit ce que j’avais à dire.

… et légère schizophrénie.
En recevant autant de sollicitations – positives (80%) ou négatives (20%) (révisez votre loi de Pareto!) – j’ai parfois eu l’impression d’être devenu une entité abstraite, un phantasme, une créature qui m’échappait. Ce Nick qui racontait de façon chirurgicale et humoristique ses histoires sous la couette était devenu un personnage que les gens s’étaient approprié, et qu’ils façonnaient comme de la pâte à modeler, lui faisant dire tout et son contraire. Tantôt Nick cristallisait les rancœurs de femmes probablement déçues et blessées par la vie, tantôt il était un super-héros pour ados en mal de mode d’emploi pour « niquer fastoche » sur le Net, qui demandaient sans cesse quel était le modèle de Nokia qu’il utilisait, comme si c’était une arme secrète pour « pécho grave »…
Ou encore, Nick pouvait être une sorte de conseiller conjugal ou de sexologue, apte à donner son avis. Parfois encore, plus simplement, Nick était celui qui avait exprimé sur son blog un ressenti sincère sur une expérience partagée et vécue de façon assez similaire par des milliers de personnes ayant fréquenté des sites de rencontres.
C’est assez incroyable tout ce que les gens pouvaient demander à ce Nick. C’était à la fois touchant, horripilant, flatteur et stressant… De quoi se sentir légèrement schizophrène, mais heureusement je ne me suis jamais pris pour ce que je n’étais pas, et je restais très mesuré dans mes réponses, exprimant juste un certain « bon sens empathique de la vie » et des principes très généraux. Je n’étais absolument pas disposé ni prêt à endosser la responsabilité de répondre de façon peremptoire à des questions aussi personnelles. Je ne savais pas à qui j’avais affaire en face, et cela peut être de la dynamite..

Agression verbale.
Quelques nanas bien fielleuses, et quelques mecs aussi, s’en sont pris à moi. Toujours sur les mêmes thèmes totalement premier degré : tu ne respecte pas les femmes, bla bla bla… Au début, ça m’affectait un peu et me faisait parfois douter de la manière dont me percevaient les gens. Mais à l’usage, il s’est avéré que c’était plutôt le fait d’une minorité, dont les messages démontraient une certaine rigidité intellectuelle, peu sensible aux nuances que je pensais pourtant exprimer dans mes textes. Ou ayant peut-être un vécu personnel un peu douloureux, mais ce n’est pas de ma faute..
Assez vite, j’ai réagi plus sainement, en leur répondant franco pour les renvoyer à leurs certitudes étroites. Le problème des pisse-froid, c’est qu’ils sont vite à court d’arguments pour justifier leur courroux et sombrent alors dans l’invective stérile…
Il me paraissait pourtant clair – si tant est qu’on se soit donné la peine de TOUT lire sur mon blog – que je n’étais à l’évidence pas une fuck-machine désincarnée, mais juste un mec de 44 ans, racontant avec sincérité une période courte et intense de sa vie.

Merci Benoit.

Libe En créant mon blog, je n’avais aucune velléité particulière de célébrité à titre personnel, sous mon vrai nom. L’anonymat m’allait bien.
Mais les choses se sont un peu compliquées lorsque Libération m’a contacté pour faire un de leurs célèbres portraits de dernière de couverture. Je les lisais toujours, les trouvant bien écrits, et j’étais très flatté et enthousiasmé par l’idée.
MAIS, leur charte éditoriale exigeait que l’article soit fait sous mon vrai nom, et avec une photo. Et s’agissant d’un portrait approfondi, il aborderait les choses sur un spectre bien plus large que mon blog. D’après le journaliste, je devais m’attendre à des questions fouillées sur ma vie en général, et ça risquait de ne pas toujours être drôle pour moi. Mais j’aimais bien cette règle du jeu « cash », et sur le fond j’étais tenté tout en restant vraiment partagé sur l’idée de ne plus être anonyme.
J’ai insisté plusieurs fois auprès de Libé pour conserver mon anonymat, mais c’était non. Alors j’ai demandé quelques jours de réflexion avant de donner ma réponse, et j’en ai parlé à des amis pour avoir leur opinion.
Trois jours plus tard, ce fut oui. Adrénaline, car je savais l’impact qu’aurait une telle parution. Dans mon milieu, beaucoup de gens lisent Libé, et pour un coming-out, ça risquait d’être thermonucléaire…
L’interview s’est faite début avril, durant une après-midi entière. D’abord dans un café, puis chez moi, où j’ai pu montrer la « salle des machines » de Nick au journaliste, qui voulait s’assurer – et c’est légitime – que tout cela était vrai. L’article, initialement prévu pour la fin avril, est finalement sorti le 20, avec le nouveau pape Benoît XVI fraîchement élu en couverture… et Nick « le gros niqueur le plus célèbre du Web français » – dixit l’article – en dernière. Je soupçonne Libé d’avoir volontairement joué sur ce contraste savoureux entre une couverture sur un Pape réputé défendre une ligne morale « dure », et une dernière sur un hédoniste, collectionneur d’expériences sensuelles. Grâce à cette actualité papale et à un gros tirage pour l’événement, l’article a certainement été encore plus vu. Nick aurait-il une veine de cocu ?

J’ai été « la chose des medias ».
Pendant quelques semaines, au plus fort du buzz médiatique autour de mon site, je recevais par mail de plus en plus de demandes d’interview et mon portable n’arrêtait pas de sonner avec des numéros masqués ou parfois des préfixes internationaux. Certains journalistes semblent plus doués que d’autres pour retrouver une trace.

Là encore, l’effet boule de neige, auquel je m’attendais pourtant (je connais bien les médias) m’a surpris par sa puissance. Cette impression d’intéresser tout le monde, comme ça, du jour au lendemain, est étrange. Je m’en suis méfié, et suis resté le plus zen possible. Je savais que pour les médias, j’étais « la chose du moment » parce que mon blog était parfaitement dans l’air du temps, en phase avec le grand sujet des rencontres sur Internet qui semblait tous les obséder; mais je savais aussi qu’ils repartiraient aussi vite qu’ils étaient venus, à la quête du next big thing pour leur planning éditorial…

En l’espace de trois mois, mon blog a généré un nombre étonnant de sollicitations média diverses : demandes d’interview, demandes de citations de certains passages de mes textes pour des articles, invitations sur des plateaux télé ou radio lors d’émissions sur le thème des rencontres en ligne, propositions d’adaptation de mon blog à des fins plus mercantiles, demandes d’interventions en tant que « consultant » sur des thématiques liées à la sexualité sur le Net…
A un moment donné, j’ai un peu overdosé, et j’ai eu envie de faire « pouce ». J’ai également quasi-systématiquement refusé les interviews ou interventions trop axées sur l’univers cul/charme. Je ne voulais pas tomber dans ce ghetto, et j’estimais que mon propos était autant socio que cul.

Nick, super-testeur ?
Un gros concurrent de Meetic (ça commence pat « Net»  et finit par « Club» ) m’a proposé d’être une sorte de « super testeur » pour leur propre site, au vu de mon expérience approfondie et concrète du sujet.
L’idée était que je pourrais expérimenter in-situ leur site et leur faire un rapport sur ce que je trouvais bien ou mal conçu, et proposer des idées. Ca pouvait être drôle, mais comme c’était proposé à titre gracieux, et que je n’avais pas non plus envie de remettre le doigt dans l’engrenage, j’ai décliné la proposition.

Des histoires d’amour sont nées grâce à mon blog et mon forum.
Plusieurs histoires d’amour sont nées à partir de mon blog, les gens s’étant rencontrés et appréciés dans le Forum JNSM que j’ai créé peu après, en mars 2005. J’en suis ravi, et c’est un « effet secondaire » charmant. Il y a bien sûr eu aussi quelques plans couette fiévreux, sinon cela n’aurait pas été cohérent !
Quelques petits malins ont cru trouver le filon et se sont inscrits pour mener une drague brutale et sans discernement. Ils ont vite déchanté, et se sont vus renvoyés dans leurs 22 mètres, n’étant pas du tout en accord avec l’esprit du lieu.
Certains habitués du blog m’ont même dit qu’ils n’avaient plus vraiment goût à fréquenter leur site de rencontres habituel, trouvant les échanges plus fades que dans les Forums de JNSM, à l’esprit libre, cash et frais.
Cela me fait chaud au cœur de savoir qu’au-delà de son rôle de témoignage brut, mon blog a pu créer de l’empathie, mettre des gens en relation, favoriser des dialogues de qualité et sans enjeu entre hommes et femmes.

« Collaborations artistiques ».
On m’a proposé de décliner le contenu de JNSM sur d’autres modes d’expression : film, radio, café-théâtre, BD, Web.
Cela m’intéresse beaucoup, même si toutes les propositions ne sont pas forcément crédibles ni approfondies. Mais je n’ai pas encore eu le temps de m’y consacrer à fond. Je voulais d’abord en faire un livre, c’était le plus important pour moi.

La Pub.
On m’a aussi proposé de faire de la pub sur JNSM. Une « jeune agence de comm’ online » – tellement jeune qu’elle en oubliait d’attacher les pièces-jointes à ses mails – m’a contacté pour organiser « des opérations ciblées sur mon blog qui avait un super buzz en ce moment ». Bah, why not, faut voir. Je ne cherchais pas particulièrement à « mercantiliser » mon blog, mais bon, je leur fournis des statistiques précises et leur demande de me proposer des trucs concrets, n’imaginant pas trop ce qu’ils échafaudent. Animations Flash pour des lubrifiants intimes ? Bannières pour un site de vente de sex-toys ? Je crains le pire.
Et pfuit, plus jamais eu de news.

Aujourd’hui mon blog est toujours en ligne , mais dans une version différente et “condensée”, puisque je développe de façon beaucoup plus riche mon aventure dans le livre. Et surtout parce-que mon éditeur ne voulait pas que le blog reste en ligne tel quel, pour ne pas concurrencer le livre. Ce à quoi je ne souscrivais pas forcément, mais bon..

Mais je garde pour ce blog une immense tendresse car il m’a fait vivre des moments intenses et m’a permis de communiquer avec des milliers de gens sur une tonalité très complice et chaleureuse.

J’envisage de faire des visites guidées de la v1 (un collector, en ligne très peu de temps!). ;-)

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