Paranoïa et schizophrénie (sont sur un bateau)

Petite paranoïa…

Lorsque certaines nanas me draguaient trop ouvertement, je ne pouvais m’empêcher de penser que sous leur apparente entreprise de séduction, s’en cachait peut-être une autre, bien moins cool : faire une sorte de « contre-enquête », en se tapant Nick, pour démontrer, le cas échéant, qu’il n’était pas un si bon coup qu’il le prétendait (selon elles) sur son blog.

Parano ? Peut-être, mais je pense pourtant que c’était une hypothèse plausible. Surtout quand, dans le propre Forum de mon blog, certaines nanas ont carrément lancé un sujet sur le thème « Et si Nick vous proposait d’aller sous sa couette, vous accepteriez ? » Les réponses étaient bien sûr contrastées, mais même celles qui disaient clairement être OK sur l’idée me paraissaient suspectes.

… et légère schizophrénie.

En recevant autant de sollicitations – positives (80%) ou négatives (20%) (révisez votre loi de Pareto!) – j’ai parfois eu l’impression d’être devenu une entité abstraite, un phantasme, une créature qui m’échappait. Ce Nick qui racontait de façon chirurgicale et humoristique ses histoires sous la couette était devenu un personnage que les gens s’étaient approprié, et qu’ils façonnaient comme de la pâte à modeler, lui faisant dire tout et son contraire. Tantôt Nick cristallisait les rancœurs de femmes probablement déçues et blessées par la vie, tantôt il était un super-héros pour ados en mal de mode d’emploi pour « niquer fastoche » sur le Net, qui demandaient sans cesse quel était le modèle de Nokia qu’il utilisait, comme si c’était une arme secrète pour « pécho grave »…

Ou encore, Nick pouvait être une sorte de conseiller conjugal ou de sexologue, apte à donner son avis. Parfois encore, plus simplement, Nick était celui qui avait exprimé sur son blog un ressenti sincère sur une expérience partagée et vécue de façon assez similaire par des milliers de personnes ayant fréquenté des sites de rencontres.

C’est assez incroyable tout ce que les gens pouvaient demander à ce Nick. C’était à la fois touchant, horripilant, flatteur et stressant… De quoi se sentir légèrement schizophrène, mais heureusement je ne me suis jamais pris pour ce que je n’étais pas, et je restais très mesuré dans mes réponses, exprimant juste un certain « bon sens empathique de la vie » et des principes très généraux. Je n’étais absolument pas disposé ni prêt à endosser la responsabilité de répondre de façon peremptoire à des questions aussi personnelles. Je ne savais pas à qui j’avais affaire en face, et cela peut être de la dynamite..

 

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Author: Nick

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